A l’occasion de ses voeux 2018 à la presse, Emmanuel Macron annonce qu’il souhaite mettre en place une loi pour censurer les « fake news » en période électorale, en permettant aux juges de fermer des accès à des sites ou des comptes de réseaux sociaux.

Or les articles 10 et 11 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, splendide texte français adopté par l’Assemblée Constituante de 1789 et qui rayonne encore dans le monde entier, définissent la liberté d’expression :

« Article 10. – Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi ».

« Article 11. – La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre à l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi ».

Dès lors, que penser de cette intention ? Rafik Smati exprime son inquiétude et nous invite à nous opposer fermement à cette idée. Il voit dans l’intention de Macron une dangereuse dimension politique.

De nombreux médias sont étrangement restés silencieux sur cette annonce qui pourtant pourrait porter atteinte à la liberté de la presse. Mais certains ont décidé de prendre la parole comme les journalistes du Média:

 

Eric Brunet affirme dans Valeurs Actuelles que ce projet est une mauvaise idée et y voit les signes d’une dérive digne de régimes totalitaires. Que penser des décisions des juges du « mur des cons » ? Qui décidera de ce qui est une fausse ou une vraie nouvelle ?

Pour Nicolas Moreau dans Valeurs Actuelles également, « l’information est le quatrième pouvoir, et il est extrêmement dangereux pour une démocratie de concentrer ce pouvoir avec l’un des trois autres.»

Enfin pour Nathalie Segaunes dans l’Opinion, Macron reste marqué par les attaques qu’il aurait subi lors de sa campagne présidentielle et voit dans son intention un règlement de comptes :

Alors que le président Macron dispose de tous les pouvoirs, êtes-vous prêts à lui laisser aussi les commandes du contrôle de l’information en période électorale ? Les Droits de l’Homme et du Citoyen ne se négocient pas. Ne laissons personne réduire la liberté d’expression dans notre pays !


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