« Néant ».C’est la case que j’ai cochée pendant toute ma scolarité lorsqu’on me demandait la profession de ma mère. Et pourtant !

Sans emploi, officiellement femme au foyer. Comme Pénélope Fillon. Quand nous remplissions les fiches d’inscription ma mère inscrivait « sans profession ». Pourtant de 1971 à 1997, sans interruption, elle a œuvré aux côtés de mon père. Selon les jours, selon les heures de la journée, elle a été son assistante au fauteuil, sa secrétaire, sa femme de ménage. Son dévouement et son abnégation lui ont permis de remplir 2 missions et demie.

A une époque où la protection sociale n’était pas ce qu’elle est aujourd’hui, où les mutuelles n’étaient pas généralisées, où certains, notamment les patients les plus âgés (eux qui avaient le plus besoin de restaurations dentaires ! ) n’osaient guère se faire soigner, mon père a pu proposer une véritable « dentisterie sociale », permettant à des personnes qui ne se seraient jamais appareillées, de l’être. Offrant à tous des soins de qualité. Il n’aurait jamais pu le faire, sans ma « mère à tout faire ». Je suis fière de lui. Je suis fière d’eux.

Aujourd’hui quand on consulte un dentiste, on est d’abord reçu par sa secrétaire. Pas toujours la même car du fait des 35 heures, il en faut deux ! Dans le cabinet lui-même c’est une autre jeune femme qui se tient auprès du praticien. Le rangement et le nettoyage sont confiés à une troisième. Il en est ainsi dans tous les cabinets modernes.

Travailleuses de l’ombre

Ne négligeons pas le rôle social de ces femmes qui dans la discrétion la plus totale, et sans se poser de question, ont « servi » la carrière de leur mari. Quand je lis ces interviews de Pénélope Fillon qui « prouvent » selon certains qu’elle n’a jamais travaillé je repense à ma mère. Si vous lui demandiez aujourd’hui son métier, elle continuerait de vous répondre qu’elle n’en a jamais eu.

Je l’ai souvent entendue dire lorsqu’elle hésitait à s’acheter une babiole : tu sais, moi je ne gagne pas d’argent ». Si mon père l’avait rémunérée, ne fût-ce que modestement, elle aurait sans doute compris que son travail avait une valeur.

4 métiers = zéro !

Car ses « trois métiers » n’étaient pas les seuls que ma mère exerçait. Le soir, elle devenait répétitrice de maths ou d’allemand pour ses enfants. Elle s’est même immergée dans la calligraphie grecque lorsque j’ai décidé de me passionner pour la culture hellénistique. Si elle a tellement voulu que ses filles fassent des études supérieures c’était sans doute afin qu’elles fussent indépendantes et capables de gagner leur vie.

Chère Pénélope. Je vous imagine volontiers comme ma mère. Impliquée dans de multiples activités, pour votre mari, pour vos enfants, pour la collectivité. Et je suis triste de tout ce qui se dit sur vous.

Cendrine Barruyer, Viroflay.


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Ainsi que l’excellent billet : Précisions de M. Julien Aubert, député